Depuis ton départ tout à changé mais rien ne s'est arrangé ... Tu me manques je t'en prie reviens moi ... Je suis à bout de souffle ... Ton visage me hante... C'est pas par vague c'est constant... J'ai l'impression que mes larmes coulent de plus en plus. J'ai besoin de savoir que tu es là.... Je veux entendre ta voix... Reviens-moi... Ma vie n'est pas censée continuer sans toi... Je tiens pas le coup. Tu es parti en ignorant tellement de choses que je pensais de toi ! Devant une tombe on regrette tellement de choses... J'espère toujours te voir passer la porte et entrer dans ma chambre, me dire que tu es revenu... J'en peux plus ! J'me fais des faux espoirs... J'me dis qu'il y a une erreur quelque part... Ludo... Donne-moi signe de vie.. Ton absence est insupportable... Depuis 7 mois, je remets ma vie en question. Le 18 avril est définitivement le pire jour de toute ma vie.
10h du matin... Je reçois un appel. Ludo n'est pas rentré. On ignore où il est. J'essaie de me rassurer. J'empêche mes larmes de couler car au fond, je me forçais de croire qu'il allait rentrer. J'essayais de me convaincre que c'était vrai. Il ne répondait pas à mes appels... Mon coeur se serrait, j'étais paralysée de peur, je m'en souviens comme si c'était hier... Ma mère m'appelle... Elle me dit que la police a appelé... Mon père doit se rendre au commiçariat de Genève... La police ne nous informera pas tant qu'il ne sera pas sur place. Je me souviens de cette lueur d'espoir que j'avais en moi... Je me suis dis qu'il avait été mis en garde à vue pour n'importe quelle raison... Pourtant j'avais peur, je sentais que quelque chose n'allait pas... J'avais peur qu'il lui soit arrivé un accident... Qu'il aille mal... J'étais paralysée par la peur. J'attendais un appel, une bonne nouvelle. J'essayais de comprendre... Personne de savait ce qu'il avait fait de sa soirée... Le téléphone sonne... C'est mon père... Sa voix cache une mauvaise nouvelle... Mon coeur s'enflamme, mon ventre se sert, mes jambes tremblent, ma tête me fait mal... Il finit par me dire la nouvelle... Ludo nous a quitté. Comment décrire cet état dans lequel j'étais en apprenant cette nouvelle ? J'étais dans un état second. Je comprenais pas. Je ne comprenais pas ce que mon père me disait. Je me souviens avoir cassé tout ce que j'avais sous la main. Je criais, je pleurais, je demandais pourquoi ! J'avais besoin d'air... il fallait que je sorte... Je me disais qu'il y avait une erreur. C'était impossible... Je regardais la porte d'entrée.. J'attendais son retour. Je me lassais pas... J'arrivais pas à me faire une raison. Il n'y avait qu'une seule phrase qui se répétait sans cesse dans ma tête: "comment je vais faire sans lui"... Ouais.. comment? Je sais pas.. Je l'ignore encore ! Les jours se succèdent. Ludo nous a vraiment quitté. Je ne mangeais plus. Je n'en rescentais même plus le besoin. J'avais besoin de plus en plus d'être seule... Je fuyais ma maison, ma famille. Je souriais plus. Je n'autorisais personne à me parler. Sauf Lucie. Elle était la seule, l'unique. Les jours défilaient, l'enterrement tant redouté se rapprochait dangereusement. Je détestais mes parents, je les détestait d'avoir choisi un endroit aussi éloigné de moi où Ludo serait enterré. Ma haine était inexplicable. J'avais une autre phrase qui se répétait désormais dans ma tête : "J'ai perdu mon frère et mes parents me l'arrachent encore plus". Je voulais plus continuer. Je n'en avais plus la force. Je n'avais plus la force de manger, de rire, de sourir, de parler... J'ai pris du recul avec tout le monde... La seule a qui je m'accrochait était Lucie. C'est horrible de l'admettre, mais c'est grâce à elle que je suis encore là... 23 avril, jour de l'enterrement. Toutes ces images étaient tellement iréelles. Toute la famille et les amis de Ludo étaient là... Lui aussi y était d'ailleurs... Il était là... Sous mes yeux. Comment décrire ce que je resentais en le "voyant"... Ces images iréelles me hantent aussi, je ne les oublierai jamais, elles me pourrissent la vie ... il me manque... J'ai le coeur déchiré, ma vie est instable sans lui... J'ai besoin de mon frère ... La vie est une pute, elle ne m'a jamais sourie... le 18 avril elle m'a achevée. Tu pourras toujours essayer de me blesser... C'est inutile simplement car maintenant c'est impossible... Quand tu vis le pire, le reste est sans importance, crois-moi.